COEXISCIENCE

SCIENCES EN COMMUNS

Charte

Charte COEXISCIENCE (version béta du 10 avril 2017)

Contexte

Le mouvement des communs prend forme depuis quelques années, en particulier dans le domaine des communs de la connaissance. Dans le même temps, les institutions publiques chargées de la production et de la diffusion de la connaissance scientifique adoptent des critères d’excellence recommandés par le monde marchand. Beaucoup d’établissements universitaires et de recherche, dans la quête de nouvelles ressources financières, cherchent à valoriser leurs connaissances en pratiquant les brevets, les licences exclusives, les ventes de droits de propriété intellectuelle, …

Les recrutements et les carrières se fondent sur la même approche de l’excellence évaluée selon une comptabilité des productions reconnues selon les critères précités, ce qui entraîne des comportements concurrentiels inédits entre établissements, équipes, chercheurs.

C’est un mouvement d’enclosure qui se développe malgré l’enthousiasme des personnels de ces institutions qui se dévouent sans compter pour faire vivre les valeurs universelles de la connaissance.

La société, de son coté, dans une dynamique nouvelle, se montre particulièrement intéressée par la connaissance scientifique aussi bien pour sa formation, sa culture générale que pour développer ses capacités d’action dans des contextes de recherche, d’entreprise, d’activité individuelle et collective dans de très nombreux domaines. Les Moocs, les créations d’activité sur la base d’innovations issues de la recherche, la formation tout au long de la vie, l’agilité entre formation, activité personnelle, emploi salarié, entrepreneuriat, etc. se développent dans un esprit d’innovation, de responsabilité sociale et environnementale.

En articulation des uns et des autres, un groupe de chercheurs, formateurs, artistes, entrepreneurs, militants, amateurs s’est réuni pour co-construire un dispositif permettant de co-opérer la science, au sens où chacun devient un co-opérateur avec des rôles qui peuvent changer d’un contexte à l’autre : tantôt producteur, sujet, expérimentateur, enseignant, apprenant, transformateur en activité économique, culturelle, sociale, …en actions collectives et individuelles articulées ensemble, au niveau local, régional et international.

Le collectif COEXISCIENCE est né de ce mouvement.

Objectifs et esprit de la charte

Cette charte porte les valeurs constitutives de COEXISCIENCE. Il s’agit ici de lister les valeurs qui sont partagées, les types de méthodes, d’outils, de relations sociales, de comportements économiques qui doivent permettre le développement de chacun dans le respect de l’environnement et de la dignité de chacun, …

Elle a pour objectif de servir de référence commune lors de la mise en place des activités de COEXISCIENCE pour le fonctionnement, les services, les produits, les modèles économiques, la communication, l’information, les mécanismes de décision, etc.

Méthode de conception et d’adoption de la charte

La charte est le résultat d’un co-écriture collective qui aboutit à une version stabilisée quand le processus participatif ne fait plus apparaître de discusssion sur son contenu. Elle est révisable lorsque que la communauté COEXISCIENCE le souhaite. La méthode de révision est décidée au sein du collectif, de manière collégiale.

Charte

La notion de communs de la connaissance implique que les activités de COEXISCIENCE respectent un certain nombre de principes et valeurs.

La charte est signée par tout co-opérateur de la science impliqué dans les activités de COEXISCIENCE.

Principes et valeurs

Le principe fondamental est la notion de communs de la connaissance :

  • Communs : « Les communs sont des ressources partagées par un groupe de personnes et qui sont vulnérables aux dégradations et aux enclosures » (définition empruntée à Charlotte Hess, « Inscrire les communs de la connaissance dans les priorités de recherche », In : Libres Savoirs → http://vecam.org/archives/article1307.html
  • Communs de la connaissance : les communs de la connaissance sont les processus et organisations permettant de protéger et développer les ressources matérielles et immatérielles qui contribuent à construire la connaissance chez l’individu.
  • Connaissance scientifique : la revendication d’une approche scientifique contraint la connaissance à reposer sur une croyance vraie et justifiée de telle façon qu’elle autorise l’action dans des conditions explicitées et partagées selon l’état de l’art.
  • En signant cette charte, le co-opérateur de la science s’engage à se que son activité contribue à protéger et développer les ressources matérielles et immatérielles qui contribuent à construire la connaissance scientifique chez l’individu.

COEXISCIENCE revendique des processus responsables et ouverts garantissant le respect de l’environnement et de la dignité humaine.

  • L’éthique est au cœur de ses processus d’action et ses activités doivent être construites pour être éthiques par conception.
  • L’ouverture de COEXISCIENCE est une condition nécessaire à la réussite de ses objectifs et à l’assurance de la pérennité et la disponibilité des ressources matérielles et immatérielles qu’elle exploite et développe.
  • En signant cette charte, le co-opérateur s’engage à ce que son activité développe les qualités éthiques et contribue à l’ouverture des ressources exploitées et développées.

Dispositifs spécifiques

Les mécanismes de la Science Ouverte sont mis en œuvre dans le cadre des activités de COEXISCIENCE.

  • Ouverture à la société
  • Accessibilité via le Web
  • Travail collaboratif
  • Multidisciplinarité

Les modèles économiques sont ceux de l’économie sociale et solidaire

  • Gestion démocratique
  • Gestion participative
  • Réinvestissement des résultats dans le projet

Dispositif de suivi de la charte

Une commission spécifique est créée pour évaluer la qualité du suivi de la charte par le commun Coexiscience. Elle émane du collectif et ses membres sont désignés selon une méthode sociocratique à préciser. Elle se réunit au moins une fois par an et à n’importe quel autre moment selon un processus de demande de vérification qui peut être initié par un membre quelconque du collectif : les initiateurs de la demande de réunion mettent en place un dispositif d’instruction de la vérification ouvert à tous les membres de coexiscience. C’est ce dispositif qui décide de l’opportunité ou non d’une réunion du comité de la charte.